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FILMS D'ASIE DU SUD

De l'Inde au Népal, le Festival du Film d'Asie du Sud célèbre le cinéma indépendant


Asialyst, 6 février 2019

Et si on s’intéressait à un autre cinéma que Bollywood dans le sous-continent indien ? Du 12 au 17 février au Grand Rex à Paris, la sixième édition du Festival du Film d’Asie du Sud (FFAST) propose une dizaine de films d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh et du Népal. Des productions indépendantes qui reflètent les réalités sociales de la région.

Patrick de Jacquelot

Présenter aux cinéphiles français un cinéma qu’ils ont rarement l’occasion de voir, en prise directe sur les réalités de l’Inde et des pays avoisinants, c’est la raison d’être de FFAST. La création de ce festival il y a six ans de cela est venue d’une constatation : le public en France ne connaît le plus souvent du cinéma indien que les films Bollywood et les clichés qui s’y attachent : mélos aussi invraisemblables qu’interminables, truffés de chants et de danses. Or, souligne Floriane Zaslavsky, co-coordinatrice de la programmation, « il existe aussi toute une production indépendante qui casse les clichés de Bollywood » et qui « reflète les réalités sociales » de la région. De fait, le cinéma indien voit sortir depuis quelques années de plus en plus de films réalisés selon des formats beaucoup plus proches du cinéma occidental. Tout en cherchant à atteindre le grand public, ils disséquent les tensions qui affectent l’Inde contemporaine : corruption, statut des femmes, relations communautaires ou castes.

L'actrice indienne Kalki Koechlin dans le film "Azmaish" de la réalisatrice pakistanaise Sabiha Sumar (Crédits : Zeeshan Haider ©Vidhi-Films)


Ce sont donc des films de ce type que les spectateurs français pourront découvrir lors du festival. « Nous ne choisissons pas un thème spécifique, mais une ligne directrice se dégage en général d’elle-même,explique Floriane Zaslavsky. L’année dernière, c’était les femmes, cette année ce sont les tensions entre castes et entre classes. »

Les tensions évoquées par le film d’ouverture du festival vont même bien au-delà puisqu’il s’agit des relations entre l’Inde et le Pakistan. Fruit d’une démarche originale, Azmaish résulte de la collaboration de deux femmes, la réalisatrice pakistanaise Sabiha Sumar et l’actrice indienne Kalki Koechlin. Toutes deux ont sillonné ces pays « frères ennemis » résultant de la Partition de 1947. Dans une sorte de road trip, elles multiplient les rencontres avec des interlocuteurs de toutes sortes, villageois comme leaders politiques, pour s’interroger sur les destins croisés de leurs deux nations. Une démarche ambitieuse mais qui « ne vise pas à défendre une thèse politique précise, le film a vocation à interroger », souligne Floriane Zaslavsky. La projection, le mardi 12 février, aura lieu en présence des deux co-réalisatrices.

Affiche du festival

FFAST donnera l’occasion de voir un film d’un pays peu connu pour sa production cinématographique : le Bangladesh. Komola Rocket met en scène un groupe de personnages issus de toutes les couches de la société, bloqués dans un bateau échoué sur un banc de sable. Un scénario où l’on n’aura guère de mal à reconnaître une métaphore d’un pays en proie à de multiples crises. Les affrontements de castes seront traités à plusieurs reprises dans le festival, en particulier dans Sangharsh, documentaire consacré à la lutte des dalits (« intouchables ») dans les années 1990, ou dans Kalo Pothi, film népalais qui montre deux amis issus de castes différentes dans un village pendant la guerre civile maoïste.

Castes, toujours, avec Mukkabaaz, film du réalisateur vedette Anurag Kashyap (auteur entre autres de Gangs of Wasseypur). Une histoire de boxeur qui permet à Kashyap de développer « ses analyses politiques sur les castes et la corruption », affirme Floriane Zaslavsky, selon qui ce film est à mi-chemin entre le cinéma de Bollywood et le cinéma indépendant. Autre film montrant qu’il n’y a pas de cloison étanche entre le cinéma d’auteurs et les grandes machines commerciales de Bollywood : Round Figure met en scène un acteur vieillissant qui, découvrant qu’il a joué dans 499 films, entreprend d’en faire un 500ème. Un film « qui traite de l’industrie cinématographique indienne et qui montre à quel point elle est cruelle », explique Iva Čápová, elle aussi co-coordinatrice de la programmation du festival.

Signalons enfin deux films qui mettent en avant les problèmes d’identités liés à l’expatriation. Abu : Father traite d’une famille pakistanaise installée au Canada. La mauvaise réputation est centré sur une jeune fille d’origine pakistanaise vivant en Norvège, écartelée entre les deux cultures.

Trois prix seront décernés aux films en compétition, par un jury étudiant, un jury composé de professionnels et le public appelé à voter à la sortie de chaque projection. 

A VOIR

La 6ème édition du Festival du Film d’Asie du Sud se déroulera du 12 au 17 février 2019 au cinéma le Grand Rex à Paris (1 boulevard Poissonnière, 75019 Paris, métro Bonne Nouvelle). Informations et réservations sur le site du festival.


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